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♟️ Pourquoi vous devriez jouer moins de parties aux échecs
Il y a une question que presque personne ne se pose aux échecs, et pourtant elle change tout : quel est le bon dosage entre jouer et étudier ?
Salut 👋 - c'est Julien !
Au programme cette semaine :
un conseil sur le bon dosage entre pratique et théorie aux échecs
une réponse à une question de Thomas sur les erreurs de débutant qui reviennent
une actualité sur mon tournage avec Inoxtag, Djilsi, Maxime Biaggi et LeBouseuh
🆘 Le conseil de la semaine

Magnus Carlsen, le numéro 1 mondial, est parfaitement réputé pour son excellent plan d’entrainement !
Il y a une question que presque personne ne se pose aux échecs, et pourtant elle change tout : quel est le bon dosage entre jouer et étudier ?
La plupart des joueurs que je côtoie, dans mon club comme sur mon Discord, ont un profil très similaire. Ils jouent beaucoup. Des blitz le soir après le travail, des parties le week-end, des bullet pendant la pause déjeuner. Certains en font dix, quinze, vingt par jour. Et quand je leur demande combien de temps ils consacrent à l'étude, à l'analyse de leurs propres parties, aux exercices tactiques ou à la compréhension des finales, la réponse est presque toujours la même : très peu. Si on devait mettre un chiffre, la répartition de la plupart des amateurs ressemble à deux tiers de jeu pour un tiers d'étude. Et c'est un vrai frein à leur progression.
Attention, je ne dis pas que jouer n'est pas important. La pratique est absolument essentielle aux échecs. C'est en jouant qu'on développe ses réflexes, qu'on apprend à gérer le temps, qu'on se confronte à la pression d'une vraie partie, qu'on découvre ses faiblesses dans des situations concrètes. Le piège inverse existe aussi : le joueur qui ne fait qu'étudier, lire des livres, regarder des vidéos, mais qui ne pratique jamais. Celui-là, dès qu'il s'assoit devant un échiquier en conditions réelles, il fait n'importe quoi, parce que la théorie sans la pratique reste abstraite. On peut connaître les finales de tours par cœur dans un livre, si on n'a jamais été en finale de tour avec un chrono qui tourne, on ne saura pas l'appliquer.
Donc oui, jouer est indispensable. Le problème, c'est la proportion, et surtout les conditions dans lesquelles on joue.
Ce que j'observe très souvent, c'est que beaucoup de joueurs ne jouent pas vraiment pour progresser. Ils jouent par effet de dopamine. Le mécanisme est simple : vous lancez Chesscom, vous faites un blitz, vous gagnez, ça fait du bien, vous en relancez un. Vous perdez, vous voulez vous "refaire", vous en relancez un autre. Au bout d'une heure, vous avez enchaîné huit parties dont vous ne vous souvenez déjà plus. Vous n'avez rien analysé, rien noté, rien retenu. Et souvent, vous jouez dans de mauvaises conditions : tard le soir, fatigué, entre deux tâches, sans véritable concentration. Ce type de pratique ne fait pas progresser. Elle vous maintient exactement là où vous êtes.
Il y a aussi un piège plus insidieux : devenir obsédé par le classement. Quand on enchaîne trop de parties, chaque session devient une sorte de montagnes russes émotionnelles. On monte de 20 points, on en perd 30, on regagne 15. On finit par jouer non plus pour les échecs eux-mêmes, mais pour les points. On prend de moins en moins de risques, on évite les positions qu'on ne maîtrise pas, et à force, on perd le plaisir de jouer. C'est le piège le plus dangereux, parce qu'un joueur qui ne prend plus plaisir finit toujours par décrocher.
Pour les joueurs qui ont dépassé le stade du grand débutant, je recommande une répartition inverse : deux tiers d'étude et d'analyse, un tiers de jeu. Ça peut sembler contre-intuitif, mais réfléchissez un instant. Si vous jouez une partie de 40 coups en cadence rapide, ça vous prend entre 15 et 30 minutes. L'analyser sérieusement, c'est-à-dire reparcourir chaque moment critique, comprendre vos hésitations, vérifier vos calculs, étudier ce que vous auriez pu faire différemment, ça prend facilement 45 minutes à une heure. Donc si vous jouez 5 parties dans une session, il vous faudrait entre 4 et 5 heures pour les analyser correctement. C'est impossible. Et c'est exactement le problème : si votre dosage est trop élevé en jeu, vous ne pouvez pas analyser ce que vous jouez. Vous accumulez des parties que vous ne comprenez pas et des erreurs que vous ne corrigez pas.
À l'inverse, si vous jouez 2 ou 3 parties par semaine en cadence lente, vous avez le temps de les étudier en profondeur. Vous pouvez identifier vos erreurs récurrentes, pas juste vos gaffes ponctuelles, mais les schémas qui reviennent. Et en parallèle, le reste de votre temps d'étude nourrit votre compréhension : exercices tactiques, positions de finales, idées derrière vos ouvertures, parties commentées de joueurs plus forts. C'est ce travail-là qui crée les conditions pour que vos prochaines parties soient meilleures que les précédentes.
Je dis souvent à mes élèves : chaque partie que vous jouez devrait vous poser une question. Et chaque session d'étude devrait vous donner une réponse. Si vous ne faites que poser des questions sans jamais chercher les réponses, vous stagnez. Si vous ne faites qu'étudier sans jamais tester en partie, ça reste abstrait. Le progrès, c'est l'alternance entre les deux, avec un dosage qui laisse suffisamment de place à la réflexion. Jouez moins, mais avec intention. Étudiez plus, mais en lien avec ce que vous vivez en partie. Et surtout, ne perdez jamais de vue que les échecs, c'est un jeu qu'on savoure autant en dehors de la partie que pendant.
Ces astuces pratiques de jeu, ce sont des conseils que je partage régulièrement avec les membres de mon club d'échecs. En tant que membre du club, vous avez notamment accès à :
Une bibliothèque de plus de 150 vidéos couvrant tous les domaines du jeu
Un diagnostic complet et personnalisé de votre jeu par un Maître International (vidéo envoyée par mail)
4 streams d'entraînement en direct chaque semaine
Une session hebdomadaire pour affronter Julien Song en blitz avec commentaires en direct
Un cahier d'exercices hebdomadaire avec corrections en vidéo
Un entraînement pratique sur les ouvertures avec débriefing par un Maître International toutes les deux semaines
Une analyse de vos parties par un Maître International toutes les deux semaines
Des rencontres en présentiel avec Julien Song dans toute la Francophonie
Un espace de discussion en ligne avec la présence de Julien Song
Un tournoi en ligne chaque semaine réservé aux membres du club
🎉 Une offre Jeunes est disponible pour les moins de 27 ans, avec une réduction supplémentaire de 50 %.

Petite photo lors de l'une des rencontres régulières du club d'échecs !
⁉️ La question de la semaine
Bien que mon niveau est augmenté, j'ai l'impression de stagner par moment : en effet, il m'arrive de refaire des erreurs de débutants que je ne faisais plus, comme donner une pièce en un, ou des choses du genre. Je voulais donc juste savoir si ce genre de choses étaient plutôt fréquentes chez certains joueurs, où si cela était juste un manque de confiance ou de vision tactique ?
Thomas, la réponse courte : oui, c'est extrêmement fréquent. Et ce n'est pas un signe que quelque chose ne va pas chez toi.
Quasiment tous les joueurs que je côtoie vivent la même chose. Ils progressent, commencent à gagner des parties qu'ils auraient perdues avant, et puis un jour, ils donnent un fou en un coup. Et là le doute s'installe : "Est-ce que j'ai vraiment progressé ?"
La réalité, c'est que la progression aux échecs n'est pas linéaire. Elle ressemble à une courbe en escalier, avec des phases de montée, des phases de plateau, et parfois des petites chutes temporaires. Ces chutes sont souvent le signe que votre cerveau est en train d'intégrer quelque chose de nouveau. Quand vous apprenez un nouveau concept, votre attention se déplace vers cet aspect du jeu, et pendant ce temps-là, elle peut relâcher sa vigilance sur les bases, comme la vérification des menaces adverses. Ce n'est pas qu'on ne sait plus le faire. C'est que l'attention est temporairement mobilisée ailleurs.
L'autre facteur, c'est tout simplement la fatigue et les conditions de jeu. Les erreurs de type "donner une pièce en un coup" ne sont presque jamais des erreurs de compréhension. Ce sont des erreurs d'attention. Elles arrivent quand on joue trop vite, quand on est fatigué, ou quand on enchaîne trop de parties d'affilée. Et ça rejoint le conseil de cette semaine : si vous jouez moins mais dans de meilleures conditions, ces erreurs diminuent naturellement.
Il y a aussi la pression de la progression. Quand on sent qu'on a progressé, on se met inconsciemment une pression supplémentaire. On se dit "je devrais voir ça maintenant". Cette pression crée du stress, et le stress est l'ennemi de la concentration. Donner une pièce après 30 coups bien joués, c'est souvent le signe d'un relâchement brutal causé par la tension accumulée.
Le vrai piège serait de perdre confiance à cause de ces moments. Ce ne sont pas des régressions. Ce sont des fluctuations normales dans un processus qui va dans la bonne direction. Les Grands Maîtres font eux-mêmes des gaffes en tournoi. La différence, c'est qu'ils ne remettent pas tout en question quand ça arrive. Continue à travailler, et ne te juge pas sur tes pires coups. Juge-toi sur ta trajectoire globale.
Ces conseils pratiques, je les partage chaque semaine avec les membres de mon club d'échecs. 👉 https://www.juliensong.com/club
👀 Mon actualité

Tournage avec Inoxtag, Djilsi, Maxime Biaggi et LeBouseuh !
J'ai eu la chance récemment de participer à un tournage un peu spécial. Le concept : quatre des plus grands YouTubeurs francophones, Inoxtag, Djilsi, Maxime Biaggi et LeBouseuh, devaient affronter à 4 contre 1 un expert dans plusieurs disciplines pour voir s'ils pouvaient le battre. Après le powerlifting, le dodgeball et l'apnée, ils ont terminé avec les échecs, et c'est moi qui ai tenu le rôle de l'expert à battre !
Petite photo du tournage ci-dessous. Merci pour l'invitation Inox ! 🙏☺️
Et un grand merci à Inoxtag qui, avec ses plus de 9 millions d'abonnés, met autant les échecs en avant auprès de son audience. C'est quelqu'un qui donne des opportunités de montrer les échecs au plus grand nombre, et ça c'est vraiment super. Plus il y a de créateurs qui parlent d'échecs, plus le jeu d'échecs touche de nouvelles personnes, et c'est toujours une bonne nouvelle.
♟️ Pour aller plus loin
👉 Mon club d'échecs :
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Avant de partir, j'ai 2 petits services à te demander :
Réponds à ce mail en me posant une question. Elle sera peut-être sélectionnée et j'y répondrai dans la prochaine édition de la newsletter !
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A la semaine prochaine !
Julien